©Les Nivaux, Cross the Scan - Tuol Sleng. Séance de scan au Cambodge, avril 2016

Dossier de presse - NUIT BLANCHE PARIS 2017

CROSS THE SCAN-S21

En 2016, Les Nivaux sont invités à exposer leur travail à Kuala Lumpur en Malaisie. Comme à leur habitude, ils saisissent l’occasion d’y associer un road trip en faisant acheminer leur 4x4 équipé d’un studio numérique embarqué, à Singapour.

Dès la frontière du Cambodge passée, dès même la première rencontre, la période sombre des Khmers rouges est présente.  C’est lors de leur visite à Phnom Penh des Killing Fields et enfin de la prison S21 que les artistes ne peuvent rester insensibles et surtout simples visiteurs. Après 15 jours d’attente, ils ont les autorisations et le travail peut commencer pour scanner la totalité d’une des salles de torture de S21.

 

S21 aussi appelée Tuol Sleng (colline empoisonnée) est maintenant un lieu de tourisme de mémoire en plein cœur de la capitale, Musée du génocide Khmer. On le visite pour tenter de comprendre ce qu’il s’est joué dans cette prison pendant le génocide Khmer rouge qui a fait près de 2 millions de morts soit 20% de la population cambodgienne. 

Ce lieu était originellement un lycée, jusqu’au 17 avril 1975, Day One, jour où les révolutionnaires rentrent dans Phnom Penh et vident la capitale de ses habitants. Les salles de classe se sont alors muées jusqu’en janvier1979 en « haut lieu » d’interrogatoire, de torture, d’emprisonnement, de mort, dirigé par « Douch le bourreau ». Pour presque 20 000 prisonniers seulement 11 rescapés. 

Des victimes qui avaient le tort d’être citadines, bourgeoises, intellectuelles, religieuses, fonctionnaires, artistes, de parler une langue étrangère, de porter des lunettes… souvent juste suspectées.

Les autorisations obtenues, Les Nivaux passent 2 jours surveillés et confinés dans les 25m2 d’une des salles de torture, dans ce lieu « qui prend aux tripes ».16 heures d’émotion, pour scanner le sol de la salle de torture. Nus pieds et plaque de verre du scanner retournée à même le carrelage, les artistes le déplacent 238 fois pour numériser l’intégralité de la pièce.

Ils assemblent ensuite ces 238 scans en une image de 26 GO et 7x3,60m. Imprimée à l’échelle 1:1 elle est exacte réplique photographique de ce sol. Il est le témoin des pires cruautés humaines, il est comme un livre ouvert et le scanner en a mémorisé chaque mm2. Le pouvoir de cette œuvre réside dans son authenticité, dans cette faculté que le scanner a de nous livrer le réel tel qu’il est dans sa vérité la plus crue.  Il apporte à la photographie une dimension tactile et une extrême précision capturant les moindres détails de la matière. 

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